Born to Rave | Live Report

Pas grand-chose de mieux pour faire la « teuf » au sens premier du terme que les soirées Born To Rave ! Alors, certes, nous ne sommes pas en lisière de forêt avec des murs de caissons alignées un peu hâtivement et l’avantage de ne pas de policiers qui attendent au bout du sentier. Pour autant, l’esprit des ravepartys ou freepartys est bien là. De retour à la Laiterie, après une soirée déjà monumentale l’année dernière, l’édition 2018 à Strasbourg de cette tournée de concert est revenue faire trembler le sol alsacien, avec une programmation toujours aussi exceptionnelle.

Le label Audiogenic  qui organise les BTR est un des plus gros de France et terme de musique électronique « hardbeats » ou bassmusic. Ils ont des artistes dans le haut du panier qui tournent dans le monde entier et dans les plus gros festivals ET EN MÊME TEMPS ils invitent des artistes locaux pour les accompagner. Samedi à la Laiterie, c’était aussi double dose de basses pour double bonheur avec l’ouverture de la petite salle de la Laiterie dans laquelle étaient flanqués les DJs locaux pour des sets de techno incisifs, acides, darks voire industriels, histoire de ne calmer l’ambiance seulement en terme de BPM. 

La grande salle avait le droit au principal de programmation avec 6 grosses têtes d’affiche de différents genres de musique parce que oui, la Born To Rave, c’est aussi, voire surtout, une fenêtre ouverte vers le monde libre et perché de la musique de freeparty. On parle Drum n Bass avec Elisa Do Brasil, Hardcore et Frenchcore avec Maissouille, The Sickest Squad, Suburbass et Radium et enfin Reggaetek (ou raggatek selon affinités) avec Vandal, un des pionniers de ce genre de musique électronique, qui nous a accordé une interview à lire ici.

Sur la grande scène, dès le premier artiste, Skylark, ça commence fort avec de la grosse drum’n bass industrielle.

A minuit la salle n’est pas remplie, mais tout de même bien occupée. L’ambiance est forcément festive et le public à la place pour danser assez librement avec de grands mouvements. Ensuite, c’est au tour d’Elisa Do Brasil, la salle est déjà bien plus remplie. Les lumières sont sombres tout au long du concert. Les gens portent des T-shirts Pink Floyd, Nirvana ou encore le symbole nucléaire avec « irradié » en gros. Écarteurs et dreadlocks sont de la partie, mais aussi des looks plus hip hop ou de sortie classique de boîte de nuit. Côté petite salle techno, la musique est aussi enthousiasmante et la salle toujours aussi pleine.

Pour Vandal, après qu’il ait répondu à nos questions et remis une bouteille d’Absolute Vodka qu’il avait piqué à sa collègue Elisa, la salle est pleine.

Les introductions des chansons sont très douces avec des sonorités et des samples de reggae. Une fois qu’elles sont lancées, elles évoluent souvent de la jungle à la drum n bass avant de finir sur de la hardcore. Quand vient la chanson phare de l’artiste, « Mr.Politician », le public est déjà bien fatigué par un set puissant, mais les paroles sont scandées par la foule avant un grand engouement collectif  au moment du drop. Il y a peu de pogos, mais une foule qui transe de manière à la fois unie et chaotique. A la fin de son set, la salle est complètement remplie et bien la foule de la fosse comme celle des gradins est bien compacte. Pour autant, les gens continuent de rentrer.

L’espace extérieur (moyenne jauge) lui aussi commence à être serré. On y voit des grands groupes d’amis assis et étendus sur le sol ou debout. Certains ont amené leur propre musique pour animer l’espace extérieur grâce à des enceintes portables sur lesquelles ils jouent de la musique similaire à celle de la salle, mais aussi des chansons comme « Les démons de minuit ». Résultat, une partie de la foule de l’espace extérieur danse ou chante en groupe des chansons complètement décalées à l’ambiance de la soirée. Pendant ce temps dans la grande salle, c’est au tour de Radium de prendre les commandes. On retrouve souvent des samples de films ou de musiques légendaires du siècle dernier comme WeWillRockYou de Queen. Un lietmotiv qui restera pour les artistes suivants sur la grande scène avec une reprise hardcore de la Marseillaise (gros moment d’émotion) ou encore de Bella Ciao (très populaire en ce moment avec le retour des mouvements sociaux et de la série La Casa Del Papel), mais aussi de FeelGoodInc de Gorillaz, de Sail d’Awol.

A 5h45 la salle ne se désemplit pas, même si les entrées sont fermées depuis longtemps. Beaucoup continueront jusqu’à la fermeture, et sans doute bien après en after avec leurs amis ou des groupes  d’inconnus lesquels ils se sont trouvés des affinités.

© Texte : Martin Llvr | Photos : Laurent Khrâm Longvixay

Camille Schné
schneider.camille.54@gmail.com

Fan de musique et de bonne bouffe. J'écris 2-3 petites choses pour Hōko, généralement des live report.

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