Concert au Molodoï : Niveau 100 – Deux Boules Vanille – Pneu

23 février 2016. Ce soir, j’explore une salle de concert que je ne connais pas, pour y découvrir un public atypique.

Niveau 0. Les artistes se laissent désirer. En attendant, je remarque qu’il n’y a pas de scène, simplement une batterie et une guitare posées sur des tapis, à même le sol. Le public est dispersé et bavarde, bière à la main. Au bout d’une demi heure d’attente, deux individus se détachent de la foule et se dirigent vers les instruments : le guitariste et le batteur qui forment le duo Niveau 100 se préparent à envoyer la sauce.

Un des membre de l’organisation (Pelpass, Komakanette, Echo Echo) lance pour seul avant-propos un « préparez vos oreilles, ça va commencer ! ». Le duo commence à délivrer une musique énergique. Les auditeurs se rapprochent et se rassemblent autour du duo, tout près, pour former une masse plus dense. Guitare distordue et cymbales tonitruantes : les premières mesures donnent le ton niveau volume sonore. Le batteur me fait dos, mais on devine qu’il est possédé par la musique qu’il construit avec le guitariste. Une musique à l’ allure complexe, expérimentale, presque intellectuelle. En les écoutant, on comprend l’origine du nom math-rock. Ce qu’ils font tous les deux, c’est de l’arith-métrique. Pourtant, ils jouent en toute simplicité, sans fioritures, comme si cette manière démentielle de balancer les sons de manière frénétique était innée, naturelle.

Je découvre alors un jeu tout en contraste, qui alterne les moments où les décibels atteignent le seuil maximal, et les instants de silence immédiat, qui arrivent sans prévenir. L’absence de son paraît alors encore plus brutale que le reste. Ces silences fulgurants provoquent un certain suspens. Le public se demande si la musique va reprendre de plus belle, au niveau 200 ou 1000, ou si c’est vraiment game over. On sent une forte connexion entre les deux jeunes musiciens fébriles, qui jouent face à face, se regardent souvent, et jouent parfois à l’unisson. Une connexion, et une complémentarité aussi : rythmes de batterie compliqués mais directs se mêlent à des mélodies de guitare simples mais perchées. Armé de son looper, le guitariste forme différentes couches sonores ornées de multiples effets, créant des timbres inhabituels. Et quand le batteur bourrade son instrument, ce n’est pas juste pour faire du bruit. Car Niveau 100 livre une prestation musicale certes tumultueuse, mais intelligente. On ne peut s’empêcher de se demander comment ils font pour tenir tout un concert, tant ils semblent jouer comme si leur vie en dépendait.

Niveau 100. You win.

La soirée continue avec le duo de batteurs Deux Boules Vanille.



C’est le duo Pneu qui clôture le concert en beauté.

 



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Crédit photo :

Yvan Chuul

Gauthier Humbert

Article : Déborah

 

Déborah Pfleger
deborah.pfleger95@gmail.com
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