Dialogue avec Thomas Shoeffler Junior, le one man band à la voix rocailleuse.

Hoko : A vous entendre chanter, ça sonne incroyablement country. Il semblerait que votre voix ait été taillée pour le genre ! Faire ce style musique a toujours été votre ambition dans la vie ? 

TSJ : J’ai toujours aimé la musique country, déjà tout petit, grâce aux westerns peut être… Mais mes premiers vrais émois musicaux vont vers le rock des années 70 et le grunge ! J’aurais adoré pouvoir chanter avec la voix de Kurt Cobain. Mais moi, je sais faire cette voix un peu country, dans le nez et avec pleins de trémolos, chacun son truc ! Du coup ce qui me plaît, c’est de m’emparer de cette musique country et de la mélanger avec une énergie plus rock, plus moderne.

En marge des tendances musicales actuelles, vous avez la fabuleuse audace de revenir à la base de tout : le blues. D’où provient cette volonté ? 

J’aime jouer ce qu’on pourrait appeler des « musiques enracinées » : le blues, la country, le folk… Parce que ce sont des musiques simples, sans fioritures, qui vont droit à l’essentiel et qui abordent des thèmes qui me sont chers ! La force de cette musique, c’est que lorsqu’elle est jouée sincèrement, elle ne vieillit pas. Dans 100 ans, il y aura toujours des gens qui penseront que Bob Dylan, RL Burnside, Hank Williams ou Nina Simone sont des musiciens fabuleux. Pour Fréro Delavega ou Christophe Maé, je suis moins sûr de ça…

Pourquoi ce choix de vous exprimer seul plutôt qu’accompagné d’autres musiciens ? L’idée de jouer en groupe ne vous a jamais intéressée

J’ai joué avec des groupes, il y a longtemps. Mais il est arrivé un temps où je n’avais plus de projets avec d’autres musiciens. J’ai alors voulu, comme les vieux bluesmen, jouer seul en m’accompagnant simplement d’une guitare, d’un harmonica et en tapant du pied. Puis je me suis pris au jeu, j’ai découvert ce qu’on appelle les one man band et j’ai voulu m’inscrire dans cette lignée : faire une musique qui demande peu de moyens, qui repose sur des choses simples et qui va droit à l’essentiel. Il est vrai qu’on peut aussi jouer ce genre musical en groupe (la musique punk pour ne citer qu’elle…), mais chez les one man band, il y a aussi cette idée d’être seul sur scène. Et quand tu arrives à toi seul à faire bouger au maximum l’auditoire, ça procure un sacré plaisir !

Dans votre dernier album, « Jesus shot me down », les sujets abordés sont plutôt sombres. Vous parlez de déceptions, de regrets, d’amour, de fuite… L’évocation du retour dans son chez soi revient à plusieurs reprises. Mais dans le dernier titre, « Home », on se rend compte qu’au final il n’arrive jamais. Pourquoi avoir choisi une atmosphère aussi mélancolique ? 

En effet, les thèmes de mes chansons sont assez mélancoliques. Je crois qu’on se retrouve tous plus facilement dans des chansons tristes. La tristesse a quelque chose d’universel… Il y a pleins de façons et de raisons différentes d’être joyeux : certains seront joyeux d’avoir trouvé un boulot, de boire un coup avec des potes, de sauter en parachute, d’avoir rencontré cette fille qu’on trouvait si jolie et à qui on a enfin trouvé le courage d’adresser la parole… Mais quand on se fait quitter par celle ou celui qu’on aime, on se sent tous pareil, on se compare à une merde. Scott H Biram, le plus grand de tous les one man band, a un jour dit que la musique « c’est se réjouir ensemble de nos malheurs ». Il ne pouvait pas avoir plus raison. Ceci dit, ce n’est pas parce qu’on chante des chansons tristes qu’on l’est forcément soi-même. C’est ça le truc : pas besoin d’aller chez le psy, c’est la musique qui te soigne !

Quel a été votre tout premier album acheté ? 

Aucune idée… J’hésite entre une cassette de Dire Strait ou de Simple Minds. Tu vois, je partais de loin !

Si votre chemin croisait la route de Bob Dylan, qu’auriez-vous envie de lui dire ? 

Merci !

Avez-vous des projets particuliers dans les mois à venir ? Une tournée, un nouvel album…

Je prépare en ce moment un nouvel album, l’enregistrement est prévu pour mi-avril et la sortie pour fin 2016 ou tout début 2017. En parallèle, je me produirai sur scène, à raison d’un ou deux concerts par semaine.

 

Jesus Shot Me Down – Thomas Shoeffler Junior :

La musique de Thomas Shoeffler Junior disponible sur Bandcamp !

Crédit photo : Laurent Khrâm Longvixay

Article : Déborah

Déborah Pfleger
deborah.pfleger95@gmail.com
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