En toute sonorité avec Maissouille

Maissouille, présent depuis presque 20 ans sur la scène Frenchcore, est venu poser ses platines à la Laiterie pour nous faire découvrir en live son dernier album Born to Rave. Hōko Magazine est venu à sa rencontre pour en savoir un peu plus sur ce pionnier de la hard-tribe-core-touch. Maisouille en sonorités, ça se passe en dessous.

Hōko Magazine : Partons sur la base, ta première rencontre avec la techno ?

Maissouille : Ma première rencontre avec la techno remonte à 1996, dans une fête d’un crew qui s’appelait Playmobile. J’avais trop aimé le concept de voir les DJs jouer dans un champs avec tout le monde qui danse à la belle étoile. C’est ainsi que j’ai voulu faire ça.

Tu nous replonges dans l’âge d’or des raves…

Oui, en plein début des raves françaises, suite à l’arrivé des Spiral, j’ai tout de suite été passionné. J’ai donc acheté des platines et me suis lancé en 1998… (rires) Bon ça va, je parais pas si vieux, certaines personnes paraissent jeunes même si l’âge ne suit pas. Mais il faut pas abuser de certaines choses.

Du coup, comment se sont passés tes débuts ?

Nous avons commencé à lancer un sound system avec mon frère et un pote qui s’appelai CO2 Sound System. Nous avons fait pas mal de free party en Normandie, ce qui nous a donné une bonne réputation. Ensuite de mon côté, j’ai attaqué la composition et la suite, on la connaît, ça a marché.

Tu concilies Techno, Tribe et Hardtechno, comment expliques-tu ce style ?

Oui, et aussi Hardcore, puisque le Hardcore prend une place très forte dans mes morceaux. Pour le style, c’est vraiment toutes les influences et les coups de coeur que j’ai eus en allant en soirée avec les DJs que j’écoutais. J’ai donc essayé de mélanger toutes ces variantes pour obtenir mon style bien caractéristique. 

Tu es l’un des piliers du hard-tribe-core-touch ?

Et bien oui, si on le dit, c’est sûrement vrai, je sais pas trop. (rires)

Tu es à la recherche de nouvelles sonorités pour faire évoluer ton courant musical, comment caractérises-tu l’évolution de tes albums ?

C’est souvent lié avec l’évolution de la musique et des logiciels. En gros, les sonorités que j’utilise aujourd’hui coïncident avec les nouvelles machines sur le marché. On ne peut plus faire les sons que l’on faisait avant puisque les machines ne font plus forcément les même sonorités. Nous avons une qualité de son qui est beaucoup plus propre et avec un minimum d’instruments. Avec un simple ordinateur portable, on peut faire une multitude de sons alors que dans le temps, il fallait 4 machines et un synthé, mais aussi pédaler à côté…

C’était mieux avant ?

Oui, on cherchait beaucoup plus, c’était moins accessible qu’aujourd’hui. Maintenant, n’importe quelle personne qui n’est pas trop bête peut faire un morceau avec un ordinateur. Du moment que tu sais maitriser ton logiciel et que tu as l’oreille. Un home studio ça coûte pas cher, avant, il fallait travailler dur pour avoir tout ça.

Grâce à cette technologie, tu vois des jeunes arriver sur la scène ?

C’est dur, surtout pour les nouveaux artistes. Il y a énormément de personnes qui m’envoient des morceaux. Ils font de bonnes compositions mais ils ne perceront pas forcément, puisqu’aujourd’hui il y a une sacrée concurrence due à cette technologie abordable pour tout le monde.

Je souhaite bon courage à celui qui veut y arriver. Il faut vraiment qu’il sorte LE morceau. J’ai eu la chance de commencer il y a longtemps, on a déjà le nom, c’est plus facile pour nous. Un conseil : ne rien lâcher. Il y aura toujours un(e) qui sortira du lot, de super artistes à venir. Après, pas facile pour eux de créer un nouveau style, tout a déjà été fait. La personne qui sortira une nouvelle sonorité sera vraiment forte. 

L’élément marquant de ta carrière, c’est l’album Onde de choc sorti en 2009. Tu t’y attendais ?

Non, je ne m’y attendais pas, tout comme faire une tournée dans toute la France pour l’album. C’était au début du Frenchcore Start System avec des gens comme Dr Peacock et Radium, qui ont inventé ce style. Aujourd’hui, le frenchcore commence a être réputé à travers le monde, mais au début c’était vraiment localisé qu’en France.

Si tu devais comparer ton dernier opus à tes premiers albums, qu’est-ce qu’il apporte de plus ?

Il est différent, avec une sonorité moins free. J’ai essayé de créer un nouveau concept en mettant des voix et plus de synthé. La nouveauté aussi pour moi, c’est faire des clips, vu que je prends beaucoup de samples de films et de jeux vidéos. J’ai un ami qui me monte toutes ces images pour en faire un clip, avec des bouts de nous en mode « délire ». Ca nous fait plaisir et ça marche.

Je me souviens que les premiers clips hardcore de l’époque étaient tous en 3D…

(rires) C’est clair ! C’est vrai que le visuel n’est plus aussi excessif aujourd’hui. Je reviens là-dessus pour la vidéo : avec la qualité des images, nous pouvons faire pas mal de choses rien qu’avec une « petite caméra sportive à la mode », c’est assez simple. Et pas mal de monteurs professionnels font de beaux clips pour un coût abordable.

Autre nouveauté, nous voyons aussi que tu fais des featuring.

Oui, tout à fait. J’ai essayé de taper fort avec les artistes du moment, notamment The Sickest Squad, qui sont vraiment pour moi les boss du hardcore. Avec Dr Peacock aussi, et Vandal le roi du Raggatek. Pour moi c’est aussi une manière de changer un peu et de créer une nouvelle histoire avec d’autres personnes. C’est différent de ce que je fais d’habitude mais mélanger des idées ensemble, c’est constructif.

Je vois que tu as fait des remix, comment les choisis-tu ?

J’adore remixer des sons, parfois très « dansants », parfois très débiles. J’aime bien les choses décalées. Des fois ça donne des sons bien dancefloor mais quand je vois les gens en train de sourire et danser, ça me fait plaisir.

Dernier mot pour la fin ?

Et bien je veux dire à tout le monde : restez cool et puis Born to Rave ! 

Ok, nous t’avons menti, une dernière question : alors Strasbourg ?

Je suis descendu du train, il y avait des bastons partout devant la gare avec des flics partout, j’ai un peu halluciné. Mais bon c’est la France d’aujourd’hui, alors ça ne m’a pas choqué plus de ça. 

 

Photo : Laurent Khrâm Longvixay

After Movie Born to Rave

 

Nicolas Fanchin
nicolas.fanchin@gmail.com

En gros dans cet encadré je dois me décrire ! uhm uhm...

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