Entrevue détendue avec Gil Jogging.

Hoko : Ce qui frappe la première fois qu’on te voit, c’est ton allure nonchalante, ton air (faussement) désintéressé. Pour faire réagir, la désinvolture est ce qu’il y a de mieux ?

Gil Jogging : La désinvolture ? Je sais pas, c’est simplement ma manière d’être. Ma tenue de scène est celle que je porte tous les jours, je suis en jogging tout le temps. C’est ma petite carapace…

Provoquer pour attirer l’attention, ça marche, mais à double tranchant : as-tu déjà eu des ennuis à cause des tes propos engagés ? Le côté dérangeant de ton personnage t’a-t-il déjà fermé des portes ?

Je sais pas s’il en ferme… En tout cas il en a ouvert quelques-unes. Je vois plutôt les portes qui s’ouvrent plutôt que celles qui se ferment. Je ne pense pas être provocant, j’éprouve juste le plaisir de faire rire. Du coup, c’est le rire qui est la limite. Après ça peut être interprété comme de la provoc, mais c’en est pas vraiment. Enfin je crois pas…

Dans ton titre « La culture des subs », tu chantes « on fait bien avec rien et on fait mieux avec peu ». C’est un peu l’esprit de Gil Jogging, non ? Faire passer des messages et pointer du doigt les sujets qui fâchent armé uniquement d’un synthé, d’un pantalon de survet’ et d’un sarcasme à toute épreuve ?

C’est l’esprit de Gil Jogging de recycler ce qui n’est pas à lui ! Parce que « faire bien avec rien et faire mieux avec peu », c’est une formule de Kino en l’occurrence. Kino, c’est des gens qui font des films en 48 heures. J’ai moi même fait quelques Kino avec des copains, et comme ça m’avait bien plu, j’avais envie de faire une petite dédicace. Mais oui, j’aime bien quand il n’y a pas grand chose et qu’il reste que l’essentiel. Pour ce projet, je trouve que ça suffit.

En parlant de survet’, l’accordéoniste Yves Survet t’accompagne-t-il lors de tous tes concerts ?

Non pas sur tous les concerts. En fait ça dépend, ce qui est bien c’est que c’est une formule modulable, des fois il y a de la place pour une personne, des fois pour deux. J’aime bien faire des concerts seul avec mon synthé, mais j’aime aussi jouer avec lui parce que ça apporte une autre dimension. J’ai la chance de pouvoir jongler entre les deux. Et parfois, Yves est très occupé par d’autres projets donc c’est aussi bien de pouvoir faire des concerts même s’il n’est pas là.

Comme un couple en relation libre, vous faites chacun ce que vous voulez de votre côté !

Oui voilà, c’est exactement ça !

Gil Jogging, il faut dire que c’est cocasse comme nom de scène. Une anecdote à ce propos ?

Avant, je répétais dans un endroit qui s’appelle Riddim Village, sur les bords du Rhin. Il y avait un autre Gilles qui répétait en même temps que moi. Les gens là-bas ne connaissaient pas mon nom de famille, du coup pour me différencier de l’autre Gilles, ils avaient marqué Jogging entre parenthèse en dessous de mon nom. C’était l’époque où je cherchais une identité, un nom, et je trouvais que ça collait bien.

Sur scène, te sens-tu totalement libre ou as-tu parfois la crainte d’être jugé par un public un peu fermé d’esprit ?

Oh ben moi, je crois que je suis tout le temps libre. J’essaye de m’amuser et d’amuser un peu les autres avec mes conneries. Après, il faut qu’il y ait un retour. Si au bout de 3 vannes les gens rigolent pas, tu fais cinq minutes et puis tu t’en vas. Heureusement, ça n’arrive pas souvent ! Mais ça doit être un échange, donc si il y a des gens qui ont envie de dialoguer, on peut aller très loin dans la connerie ! S’ils ont moyennement envie de discuter, alors on s’arrête et on se fait une petite conversation de comptoir. Comme ça tout le monde a passé le moment qu’il avait envie de passer.

Donc tu n’as jamais d’appréhension avant d’aller sur scène ? Jamais peur d’être jugé ?

Non, plus pour ce projet. Je le maîtrise suffisamment pour savoir à peu près ce qui va se passer avant que ça démarre.

Si tu avais l’occasion de discuter avec Didier Super, de quoi parleriez-vous ?

Je l’ai vu une fois. Je lui ai juste dit bonjour, il m’a dit bonjour, et puis voilà.

C’est quand même une de tes influences principales non ?

Oui c’est quelqu’un que j’ai vu jouer une fois. Son côté  »on y va et puis on raconte des trucs » m’a plu. Et Didier Super est quand même vachement plus dans le rentre dedans que moi, il y va à fond ! Il est dans son délire. Faut croire que tous les gens qui sont un peu dans leur délire sont rigolos…

Une info croustillante sur tes projets futurs à nous délivrer en avant-première ?

Croustillante je sais pas… J’ai un nouveau projet qui s’appelle Sourire à l’avenir qu’on mettra en pratique le 26 mars 2016 au Diamant d’Or, un club privé de Strasbourg qui est plus si privé que ça maintenant… Et puis on repart avec Ultra Dance à la fin du mois à Lille, à Amiens, tout ça. Et puis Gil Jogging sera à Paris en avril. Voilà, c’est pas plus croustillant que ça ! Ah si, il y aura bientôt des clips de Ultra Dance qui vont sortir et qui eux, seront très croustillants…

Dans mon loft – Gil Jogging :

Pour en savoir plus sur l’homme au jogging, c’est par ici :

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Crédit photo : Laurent Khrâm Longvixay

Vidéo : Gabriel Goubet

Article : Déborah

Déborah Pfleger
deborah.pfleger95@gmail.com
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