Rencontre avec Nicolas Quirin

Nicolas Quirin, c’est avant tout quelques 200 dates de concert dans la tronche, des tournées au Royaume-Uni, en Allemagne et en France. Un album, « Lullabies for my Ghost », disponible depuis septembre dernier et surtout une voix atypique, qui n’est pas sans rappeler Anthony Green. Comme ce dernier, Nicolas Quirin a commencé la musique en hurlant comme un malade dans un micro avec ses premiers groupes aux allures punk. Depuis 2012, il se soigne, joue de la guitare et chante des chansons indie-folk. Une belle conversion pour ce Messin, qui me dit vivre plus souvent sur les routes que dans son appartement. Je le retrouve, allongé sur le matelas gonflable qui lui sert de lit pour ses trois premiers jours de tournée, ici à Strasbourg…

Photo : Nicolas Quirin présente une version acoustique des titres de Lullabies for my Ghost, son premier album, lors d’un concert en appartement à Strasbourg. Crédit : Cyril Roux.

Salut Nicolas, tu viens de commencer ta tournée, tu as fais ta première date hier à Strasbourg. Comment tu te sens à quelques jours de ton départ pour l’Allemagne ?

Je suis excité, mais aussi un peu anxieux, parce que je ne suis pas parti en tournée depuis plusieurs mois. Du coup, je me demande si je vais encore y arriver mais ça fait du bien, je suis content de repartir, voir des gens, voyager…c’est cool ! 

Tu pars en solo avec ta guitare ? Comment ça se vit une tournée en solitaire ? 

C’est vraiment très bien, c’est une pause pendant laquelle t’es déconnecté. Au bout de quelques jours, tu ne sens plus vraiment la fatigue, t’es dans un autre état d’esprit. Je voyage sans véhicule, c’est beaucoup moins stressant parce que j’ai pas besoin de conduire et je suis moins fatigué que si j’avais à le faire. Je prends le bus, c’est beaucoup moins cher. Je suis perdu parfois dans des villes que je ne connais pas, faut que je trouve mon chemin et c’est assez chouette. C’est apaisant, ça fait du bien, surtout de partir quelques jours à l’étranger où tu parles même pas la langue. Tu te déconnectes vraiment du quotidien et je pense que partir seul ça permet de créer plus de liens avec les gens que tu croises, tu ne restes pas bloqué dans une sphère avec tes potes de ton groupe. Tous les jours, tu rencontres des gens et ça va être tes meilleurs potes pour quelques heures et tu prends un peu le meilleur chez tout le monde. 

Tu as recruté trois musiciens dans ton projet, Rebecca Noël, Johannes Becker et Etienne Brangbour. Quel est l’apport musical et humain de ces trois arrivants ? Est-ce qu’il va s’agir d’une formation définitive ou d’une orientation vers une structure de groupe ?

Rebecca, je la connais depuis longtemps, elle joue notamment dans Mock. C’était ma prof de chant avant de faire le disque, elle me montrait certains trucs que j’arrivais pas à faire et elle le faisait vraiment très bien. Du coup je lui ai demandé si elle était partante de faire ces parties elle-même sur mon disque. On s’est lié d’amitié et comme on s’entendait pas mal, elle a fini par poser des instruments, elle a fait des sessions studio et tout… On a continué à se voir et travailler des morceaux à deux, fait quelques scènes en duo etc… Elle fait du clavier et des chœurs sur nos concerts en duo. 
Faut savoir qu’on a plusieurs formules. Je joue en solo, parfois on est à deux avec Rebecca, et on peut aussi jouer en quatuor. On va varier d’un set au son folk à un set un peu plus (il bloque un instant, visiblement hésitant sur un mot)… solennel.
Etienne, je l’ai connu en enregistrant un de ses groupes, je trouvais que c’était un super batteur. On a continué à traîner ensemble et là on va devenir colocataires. Il s’investit sur des samples, des arrangements et bien entendu la batterie. Etienne joue aussi dans un groupe emo de Metz qui s’appelle Melvin, et c’est très cool.
Johannes je l’ai connu en tournée. Il chante dans The King of the Bees. On a déjà fait quelques concerts ensemble, il pose des parties de guitare.
On commence vraiment à avoir une cohésion de groupe et voir le prochain disque comme un disque de groupe, même si je pense que je m’arrangerai toujours pour jouer des sets en solo. On fera le premier concert à quatre le 31 mars aux Trinitaires de Metz pour la sortie de mon vinyle.

En 2015, tu as sorti ton album, fait un beau paquet de concerts, sorti un clip… Il te reste quoi à faire maintenant ? C’est quoi tes projets pour 2016 ?

Pendant assez longtemps, j’ai tourné en ne faisant aucune promo. J’étais pas dans une optique de communication. Je voulais juste tourner. A partir de septembre 2015 et la sortie de l’album, j’ai commencé à bosser sur des clips et faire un travail qui accompagne la sortie d’un disque. Les 3 années précédentes étaient comme un apprentissage pour savoir où je voulais aller, et maintenant j’ai envie de faire évoluer le projet pour pouvoir le montrer à un plus grand public, toucher le plus grand nombre de personnes. Après, je penserai à un nouveau disque, de nouvelles tournées, en jouant dans de nouveaux lieux, de plus grandes salles, dans d’autres pays. J’aimerais bien aller en Italie et en Espagne ! Je ne pense pas que ça se fera en 2016, mais peut-être en 2017.

Photo : Rencontre humaine et musicale entre Oscar on the Lawn & Nicolas Quirin durant un concert en appartement. Crédit : Cyril Roux

Tu as sorti ton premier album à la Popartiserie de Strasbourg en septembre 2015 et tu y repasses pour la sortie de ton vinyle en avril prochain… Quel est ton lien avec Strasbourg, tes souvenirs ici ?

Des nuits d’ivresse, vraiment ! Des beaux endroits… Mon premier concert à Strasbourg était à la Maison Mimir. La sortie de disque à la Popartiserie aussi, forcément, c’est un super souvenir. Des musiciens, des copains, Oscar on the Lawn et un petit peu William Matter (rires)… Peace me Off que j’ai rencontré il y a peu. J’ai pas mal connu tous les gens de Punkroutine, j’ai notamment joué au Molodoï pour une soirée avec Mohawk, Throw me off the Bridge et Cavan Moran. Je trouve que Strasbourg est une ville vraiment très dynamique, avec une scène indépendante et D.I.Y qui est vraiment très bien organisée et très active. Niveau musical, c’est une de ces villes en France où il y a quelque chose qui s’y passe, faut vraiment y aller. 

Des infos à nous donner en avant première ? Une sextape à diffuser par exemple ? 

Y a une sextape avec Snoop Dog mais c’est pas pour tout de suite.
J’ai de nouvelles vidéos en préparation. Une tournée en France très bientôt et une seconde tournée avec le groupe qui se booke déjà. Après, je retourne en tournée… Encore…

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Allan Ros
allan@aros.fr

J'aime bien faire fondre des trucs.

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