Rich Aucoin en interview

https://www.youtube.com/watch?v=xkuWgXhzxg4

Hōko: Merci de nous accorder cette interview, Rich Aucoin. D’ailleurs, Rich Aucoin, c’est un nom de scène ou c’est ton vrai nom ?

Rich Aucoin : Non c’est bien mon vrai nom, on me pose souvent la question alors j’en profite pour en jouer. Par exemple en anglais tu peux dire « a corner worker », ce qui renvoie à la prostitution. Du coup, quand on me demande, je dis que c’est parce que je deviens « riche » en travaillant « au coin » de la rue, en français.

Hōko : On aimerait revenir sur le concert de ce soir au Molodoï, on a trouvé ça remarquable cette interaction que tu mets en place avec ton public. Tu y parviens notamment par le biais d’un écran géant qui projette des vidéo-clips, mais aussi en jetant des confettis dans la foule et en l’enveloppant sous un parachute géant. Tu peux nous en dire plus?

RA: Je suis toujours à la recherche de nouvelles techniques qui permettraient de créer cette cohésion avec le public. Cet échange, cette passation d’énergie, tout ça c’est très important pour moi. Alors je me projette en tant que spectateur d’un show dont j’aimerais moi-même faire l’expérience. C’est comme ça que les idées me viennent. Et pour le parachute, c’est sympa surtout lors des festivals de musique pour chauffer le public. Ce soir par exemple, ça n’aurait pas été nécessaire parce que tout le monde était déjà bien chaud, mais parfois quand les gens sont un peu effrayés à l’idée de danser ça devient comme « Dr Jekyll and Mr. Parachute Hyde », ce que je veux dire c’est que lorsqu’on est sous ce parachute, on devient soudain quelqu’un d’autre, et c’est très excitant.

Hōko: En effet, on a d’ailleurs pu en faire l’expérience. Quels sont tes meilleurs souvenirs de tournée?

RA: Plusieurs ont été marquants pour moi. L’ouverture de Deerhoof, Dan Deacon ou des Flaming Lips, entre autres.

Hōko: Wow, The Flaming Lips! Terrible.

RA: Oui, on s’est retrouvé sur le même festival et ils m’ont bien aidés au moment ou je n’avais plus suffisamment de CO2 pour envoyer des confettis. Je suis allé chez Wayne, le chanteur, et je lui ai dit « Écoute mec, c’est vrai que je ne te connais pas vraiment mais je me demandais si tu pouvais me dépanner en CO2 pour mes confettis ? » et ce qu’il a fait, c’est qu’il a ouvert les vannes du baril en me disant « Prends-en autant qu’il t’en faut ! ».

Hōko: Sympa !

RA: Oui, Wayne des Flaming Lips est l’homme qui pour moi est le meilleur exemple d’un artiste plein d’humilité et très avenant avec les gens, professionnellement et dans la vie de tous les jours. J’ai rencontré des groupes moins connus et qui ne prenaient même pas la peine de te calculer, ce qui est navrant parce que c’est le même combat pour tous, et je m’oppose à toute forme de prétention.

Hōko: De toute évidence. Une prochaine étape ?

RA: Je vais faire ma tournée en France pour le mois à venir, puis en Allemagne pour une semaine et ensuite direction la Belgique. Après ça, je rentrerai au Canada pour une tournée en été. Mai je reviendrai en France pour deux festivals, en juin et en juillet.

Hōko: Justement, quelles différences as-tu pu ressentir entre des concerts en Europe et en Amérique du nord ?

RA: Je n’ai pas senti de différence drastique, ça dépend parfois d’un rien, du genre de festival, à quel moment de la journée on va jouer. Il m ‘est arrivé de jouer tout de suite après Phoenix sur une petite scène lors d’un festival et du coup j’ai récupéré leurs fans qui sont restés pour moi et c’était la première fois que j’ai pu utiliser mon parachute, c’était vraiment bien.

Hōko: Attends voir, tu possèdes plus d’un parachute?

RA: J’en ai huit ! “huit parachutes” (en français durant l’ITW)… Je sais compter en français ! (rires)

Hōko: Et concernant tes influences musicales ?

RA: the Beatles, the Beach Boy’s, Air, Pink Floyd. Led Zeppelin est le premier album que je me suis acheté.

Hōko: Et généralement quand tu es en tournée ça se passe comment, tu voyages seul?

RA: Oui, la plupart du temps. Parfois j’invite des amis pour m’accompagner. Je voyage beaucoup en train parce que je dors de jour, mais du coup j’ai des problèmes de cervicales…

Hōko: Bon, tu es Canadien, alors j’me vois forcé de te demander… tu fais du hockey ?

RA: Bien sur ! Bon aujourd’hui j’en fais probablement plus qu’une dizaine de fois dans l’année, mais j’ai grandi en en faisant deux fois par semaine.

Hōko: Et, on finira la dessus : aimes-tu le bacon ?

RA: J’adore le bacon ! J’en mange tout le temps quand je suis à la maison.

 

Interview : Virginie Meyer

Traduction : Nicholas Terry

 

 

 

Rich Aucoin et Anakronic, lors de leurs concerts au molodoï de Strasbourg, pour la co-prod Pelpass & Campus Vert.

Photographie : Laurent Khrâm Longvixay

L’ album photo complet : www.flickr.com/laurentkl


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Virginie Meyer
virginiemeyer@ymail.com
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