Kâmpŭchéa, le pays du sourire

Le Cambodge. Qui n’a pas rêvé de partir à la découverte de ce beau pays, subtil mélange de culture asiatique et indienne ?

 » Lorsqu’on évoque ce doux nom, des images de jungle nous viennent rapidement à l’esprit. La mer et les plages paradisiaques aux couchers de soleil d’or sont aussi au rendez-vous, sans oublier le joyau du pays, les temples de la civilisation Khmer qui n’ont pas encore dévoilé tous leurs mystères. Mais ce pays a aussi sa part d’ombre, avec des plaies encore parfois béantes, héritées du régime sanguinaire de Pol Pot et des Khmers rouges et de ses presque 2 millions de victimes… Le Cambodge, c’est aussi un retour aux sources pour deux des piliers de notre groupe de danse A l’Arash Crew, Aïssa et Natum, ainsi que Laurent, notre photographe et vidéaste sur la tournée, tous trois d’origine cambodgienne, et qui découvriront pour la première fois le pays de leurs ancêtres.

© Texte et photos par Dimitri Lett-Tomczak

 

Battambang et le Tonlé Sap

 

Arrivée de la team par 4 vols différents sur Bangkok, on se rejoint dans un appartement sympathique en plein cœur de la grouillante capitale thaï où nous passons une première nuit avant de rejoindre le Cambodge et Battambang par le bus le lendemain. Le passage de frontière par Poïpet est une vraie épreuve. Outre la chaleur écrasante (45°C), on sent que cette ville s’est construite autour du vice, un vrai far-west asiatique qui dégage une ambiance malsaine. Après avoir réglé les formalités on poursuit jusqu’à Battambang, la ville du bâton et nous pouvons enfin profiter dans un petit hôtel familial, véritable havre de paix ! L’Hôtel Deluxe et sa somptueuse piscine constitueront notre QG pour quelques jours. Le patron nous réservera un accueil digne de ce nom et on s’y sentira comme chez nous. Battambang est une ville commerciale importante de l’Ouest du Cambodge et passage presque obligé entre les capitales Thaï et Khmer.

 

 

Le nom de la ville signifie littéralement « perdre le bâton » en khmer. La légende veut qu’un géant devenu roi, en voulant combattre un rival, lui aurait lancé un gourdin pour le tuer, mais manqua sa cible. Le bâton retomba et forma un ruisseau nommé O Dambang, pour finalement se perdre dans une région reculée qu’un des rois suivants ordonna de nommer « province de Battambang ». Ce petit séjour sera l’occasion pour Aïssa de découvrir la terre de ses ancêtres et d’une partie de sa famille, qui nous accueillera pour un repas anthologique en pleine forêt. On aura aussi la chance de participer à une fête de mariage locale ! Une véritable immersion !

 

 

On aura aussi l’occasion de se balader dans la ville sur nos scooters, idéal pour s’imprégner de l’ambiance. Battambang n’est pas véritablement incontournable sur le plan touristique mais cela constituera une belle entrée en la matière.

 

 

C’est déjà l’heure de partir et nous décidons de rejoindre Siemp Reap et les temples d’Angkor par la voie d’eau. Une traversée harassante de 8 heures sur une embarcation au confort sommaire (voire inexistant) et au moteur de tondeuse à gazon le long de la rivière Sangker et du Tonle Sap. Malgré les conditions, le voyage vaut le coup et nous permettra de découvrir les populations vivant au fil de l’eau sur les villages flottants et leurs techniques de pêche ancestrales avec les grands filets qui ne cessent de danser dans et hors de l’eau.

 

 

Siem Reap et les Temples d’Angkor

 

Nous voilà enfin arrivés aux portes des fabuleux temples d’Angkor ! Nous sommes tout excités. Ces quelques jours vont être forts en émotion. Angkor, un site archéologique composé de ruines de temples et réseaux hydrauliques (barays et canaux), constituait la capitale de l’Empire Khmer (du 11ème au 15ème siècle). Le site immense est classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 1992, attirant plus d’un million de touristes par an et représentant la plus importante attraction touristique du pays. L’Empire khmer est fondé par Jayavarman II, puis développé par son successeur avec les fameux réseaux hydrauliques qui apportent la maîtrise de l’eau et de l’irrigation, une avancée considérable pour l’époque qui assurera la prospérité de l’empire pour plusieurs siècles. Le site est composé de nombreux temples-montagne, propres à la cosmologie hindouiste. A son apogée, Angkor comptait 750 000 habitants et s’étendait sur plus de 1000km2.

Pas le temps pour nous de découvrir la 50aine de temples visitables. On en choisit donc quelques uns parmi lesquels Angkor Wat bien sûr, le plus célèbre, le Bayon avec ses visages de Buddha monumentaux, Angkor Thom et Ta Prohm. Le tuk-tuk nous servira de taxi pendant nos découvertes. L’ambiance y est grandiose malgré la moiteur pesante. Nous sommes alors à quelques jours du nouvel an khmer et c’est l’effervescence partout ! La fête se prépare.

 

 

Notre ami Laurent nous propose de filmer quelques scènes de breakdance dans différents temples. On y prend un plaisir intense et les moines bouddhiste nous regardent avec le sourire appréciant le geste ! L’harmonie opère. On se sent bien malgré la chaleur. Le résultat est à découvrir juste après. Un savant mélange de scènes de danse freestyle et de scènes de vie locale sur le site.

 

 

Merci encore à Laurent pour ce beau cadeau qui sera sans conteste le plus beau clip de notre groupe de danse !

 

Sihanoukville, la station balnéaire cambodgienne…

 

On reprend la route pour le Sud et la mer après ces quelques jours dans cette région historique fantastique. Un de mes souvenirs de voyage les plus forts ! Quel génie. On prend la route de nuit par bus dans des conditions un peu difficiles pour les plus de 1m60 et 50kg ! Notre ami Valentin, l’armoire à glace, aura beaucoup de mal à trouver le sommeil car partageant sa couchette trois fois trop petite avec une maman et sa petite fille. Notre arrivée sur place sera pour le moins chaotique puisqu’on se fera arnaquer par un chauffeur de taxi peu scrupuleux qui voulait faire du chiffre et nous déposera au milieu de nulle part. Il en faut pas moins à Valentin pour sortir de ses gonds et le ton monte terriblement. On calmera les protagonistes avant qu’une bêtise ne se produise. Et oui, les voyage c’est aussi ça. Nous ne le paierons pas et il nous promet de nous retrouver et de nous tirer dessus… Super accueil à Sihanoukville. Deuxième erreur, nous n’avons rien réservé et le nouvel an Khmer approche. Tout le pays est à Sihanoukville pour profiter des somptueuses plages et faire la fête. On passera la matinée harassés à chercher un hébergement correct.

 

 

Nous trouvons enfin un camping avec bungalow pas trop mal et on se détend un peu. L’ambiance n’est plus la même qu’à Angkor. On profite du coucher de soleil avant de faire un saut en ville. La moitié du groupe n’est plus dans les mêmes conditions. On décide dons d’écourter notre séjour sur place et nous ne verrons pas les îles paradisiaques mais l’important c’est la cohésion de groupe. On file donc vers Kep qui semble être une petite station balnéaire calme et authentique. On ne le regrettera pas ! Le coucher de soleil reste quand même un souvenir extraordinaire malgré tout.

 

 

Kep, le petit port de pêche au crabe bleu

 

Nous voici à Kep, ancienne ville coloniale prestigieuse ravagée pendant l’époque des Khmers rouge, mais qui redore aujourd’hui son blason. Kep est une petite station balnéaire bien loin du tumulte de Sihanoukville. Exactement ce qu’il nous fallait. L’ambiance y est bien paisible, le contact avec la population locale bien plus authentique. Le sourire Khmer, contagieux, est revenu chez tout le monde et ça fait du bien. Notre hôtel tenu par un français et sa femme cambodgienne est vraiment magique. Piscine avec vue sur la mer, des fleurs partout, des petits plats de qualité, on sent qu’on va bien en profiter. La ville compte une petite communauté d’expatriés français qui ont préféré un modèle de développement différent, le respect prime et on apprécie !

 

 

Petit tour au Port. La ville, située à une bonne dizaine de kilomètres du Vietnam est en fait célèbre pour son port de pêche au crabe bleu, qu’on s’empressera de goûter ! Pas évident à décortiquer mais c’est un vrai régal. On le testera dans l’un des restaurants du port de pêche installés dans des maisons à pilotis d’où on appréciera à plusieurs reprises les fameux couchers de soleil. Un petit tour au marché avec ses nombreux produits locaux de qualité : fruits de mer, maraîchages, poivre de Kampot (on se fera d’ailleurs une petite virée à moto dans cette bourgade sympathique) célèbre dans le monde entier…

 

 

On se fera une petite randonnée dans la jungle environnant Kep, le Parc National de Kep ! Génial. Humidité garantie mais c’est la jungle !

 

 

On rencontrera aussi Sok, un franco-cambodgien qui a décidé de retourner au pays pour participer à son développement. C’est vraiment quelqu’un qui a le cœur sur la main, une personne incontournable sur Kep. Le passage dans son bar, le Kepa Cabana, est un must (www.facebook.com/kepacabana) ! Vraiment allez-y, vous serez reçu-e comme un-e ami-e.

 

Koh Tonsay, l’île aux lapins

 

Journée farniente sur l’île aux lapins, Koh Tonsay en Khmer. L’île est située à quelques encablures de Kep, accessible en bateau par plusieurs liaisons quotidiennes. Nous en profiterons pour faire bronzette et nous reposer dans un décor de carte postale.

 

 

Phnom Penh, intéressante capitale

 

Dernière escale de notre périple dans la capitale, deux jours à Phnom Penh. La grouillante capitale cambodgienne vaut le détour, avec ses anciens bâtiments coloniaux et ses grandes avenues. On rejoindra un ami français d’origine cambodgienne installé sur place qui nous donnera quelques tuyaux. On fait un passage obligé au Musée Tuol Sleng, musée dédié au génocide des Khmers rouges. Il s’agit en fait d’une ancienne école reconvertie en camp de la mort, où plusieurs milliers de détenus ont été assassinés… Ça nous rappelle les camp hitlériens… Les crânes, les geôles, les photos de corps entre la vie et la mort…

 

 

Après ce devoir de mémoire, on décide de se changer les idées en allant dans le plus grand marché de la ville. Le bazar sera l’occasion de faire quelques achats et le marché alimentaire nous permettra de faire quelques photos pleines d’odeurs et de couleurs !

 

 

Le lendemain, nous partirons visiter le Palais royal, construit en 1860 et résidence du Roi du Cambodge. L’architecture est majestueuse avec son mur défensif, son imposante salle du trône, son temple du Bouddha d’Émeraude, ses stupas, ses flèches monumentales et autres peintures murales. La Pagode d’Argent est en fait le temple royal et abrite quelques uns des plus beaux trésors nationaux, dont notamment un Bouddha en or grandeur nature incrusté de pierres précieuses.

 

 

C’est déjà l’heure du grand départ, retour vers Bangkok pour finir notre périple au pays du sourire qui (hormis Sihanoukville que nous oublierons rapidement), ne nous aura pas quitté. Le Cambodge est un pays extraordinaire qui me faisait rêver depuis longtemps, et je n’ai pas été déçu du voyage ! »

 

Propos recueillis par Camille Schneider.

© Texte et photos par Dimitri Lett-Tomczak

Son blog de voyage

Camille Schné
schneider.camille.54@gmail.com

Fan de musique et de bonne bouffe. J'écris 2-3 petites choses pour Hōko, généralement des live report.

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