Les membres d’Uwaga répondent à nos questions.

Hoko : Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Thibaut : C’est une histoire d’amour moderne, à base d’internet.

Votre nom est énigmatique… Que veut dire Uwaga ? Pourquoi avoir choisi ce nom ?

Thibaut : trouver un nom est toujours compliqué. Après 6 mois de tergiversations et des noms plus ou moins avouables (« La compagnie cruelle » et « Karaté » se tiraient également la bourre), on a fini par céder au lobbying de Nico. Finalement, Uwaga sonne très « musique du monde », ce qui n’est pas pour me déplaire.

Vincent : ça fait parler de nous ! À chaque concert un mec s’étrangle en essayant de prononcer le nom correctement.

Quand on écoute votre musique, on sent une influence emoviolence des années 90… Pourquoi ne pas avoir opté pour un style aux influences plus modernes ?

Thibaut : je pense que notre mode de composition ne nous prédisposait pas forcément à l’emoviolence 90′. Peut-être que je me trompe, mais nous avons tous des modes de composition relativement différents : Nico préfère les lignes de basse punk et folles de NoMeansNo, Gaël la belle complexité du screamo / hardcore du début des années 2000, moi la simplicité et la répétition du post-rock sur des signatures rythmiques alternatives. C’est finalement le batteur, Marc, qui donne la violence de notre musique, sa passion étant de taper le plus vite et fort possible sur sa batterie.

Vincent : C’est drôle, l’influence emo 90’s, on commence un peu à la sentir avec les nouveaux morceaux qu’on écrit depuis mon arrivé. Je me reperds aussi bien plus dans l’emo 90’s, le screamo ou le post rock que dans le  »vrai » punk. Je pense que c’est la direction qu’on va prendre. Et puis de toute façon, tant que ça fait râler Nico…

Le screamo fait usage d’une technique de chant particulière. Vu de l’extérieur, ça ressemble à un hurlement de rage, mais on devine que vécu de l’intérieur, c’est bien plus que ça. D’où vient l’envie de chanter de cette manière ?

Gaël : Pour moi c’était la possibilité de lâcher tout ce que le quotidien ne permet pas d’extérioriser. A cela s’ajoute aussi le fait que je suis incapable de créer une mélodie pour le chant et de la trouver convenable… C’était une solution pratique pour allier les deux aspects à la fois. Il faut aussi reconnaître qu’un chant clair par dessus ce type de composition ne conviendrait pas. La maîtrise d’autres techniques vocales propres au metal ne plairait pas à tout les membres du groupe donc la solution du chant hurlé s’est imposé comme la meilleure technique pour nous.

Vincent : J’ai toujours eu horreur de ma voix « clean », mais j’ai toujours voulu chanter. Et puis un jour, en voyant un groupe un groupe de screamo suédois appelé Rainmaker jouer au Molodoi, j’ai pris une réelle claque émotionnelle. Leur chanteur était si touchant. Sa voix chavirait à chaque syllabe, j’en ai eu les larmes aux yeux, je me suis dit « Je veux faire ça un jour dans ma vie ».

Dans vos textes, dénoncez les failles de la société, qui nous heurtent au quotidien. La surconsommation, les dogmes, l’inhumanité, la haine de l’autre… Face à toutes ces incompréhensions, comment sélectionnez-vous vos sujets ?

Gaël : J’ai voulu écrire sur ce qui me tenait à cœur et qui me faisait réagir au moment où les compositions étaient en train de se construire, en tentant d’éviter les doublons d’une chanson à l’autre. Il y a des thèmes qui m’intéressent mais sur lesquels je ne me sent pas d’écrire pour le moment. Peut être que ça viendra avec le temps. Désormais, Vincent nous a rejoints et il est aussi important pour nous qu’il s’intègre en apportant ses textes. Je ne parlerai donc pas d’une sélection consciente des textes, mais plus d’un ajout de thèmes au fur et à mesure que l’actualité se déroule, (même si les sujets ne se cantonnent pas à l’actualité) en même temps que le groupe évolue.

Vincent : Mes textes parlent plus d’expériences personnelles, de choses que je vis ou que je vois vivre. Je questionne le rapport à l’autre et l’idée qu’on peut avoir de soi-même. Dans mon ancienne formation, les textes étaient guerriers et froids. Mon arrivé dans Uwaga m’a permis d’écrire mon premier texte vraiment sensible et passionné.

Vous avez déjà une poignée de dates à votre actif… Vagabonder sur les routes, ça vous inspire pour vos textes ?

Gaël : Pour le moment on a effectivement quelques dates à notre actif, mais souvent à domicile et pas de véritable tournée, je crois qu’il faut passer plus de temps sur la route pour en tirer l’inspiration.

Dans votre EP « A peine » (2015), le morceau « Bouffeurs de Ferraille », parle d’obsolescence programmée. Pensez-vous que tout objet est une marchandise destinée à un usage unique ? Comment pensez-vous pouvoir lutter contre ça, à votre façon ?

Gaël : Pas forcément. Je pense simplement que le mode de consommation qui s’est imposé dans les pays européens encourage le système d’obsolescence programmée. La mentalité des consommateurs y est pour quelque chose… On peut toujours blâmer les entreprises qui produisent les biens, tant que les consommateurs ne sortiront pas d’eux même du cercle de ce type de consommation, les habitudes des producteurs ne changeront pas. Lutter contre l’obsolescence peut passer par la réutilisation des biens destinés à être jeté, en leur donnant une seconde vie avec un usage qui peut être totalement différent du premier. Beaucoup de projets de décoration DIY jouent sur ce principe.

Du nouveau concernant votre actualité musicale ? Un nouvel EP, des dates de concert, une anecdote…

Thibaut : Notre premier EP vient de sortir aux Etats-Unis sur le label Friendly Otter Records et on est vachement contents. Ça reste dans l’esprit DIY (50 exemplaires), mais l’objet est artistique et beau. Et Olin est un type vraiment cool. Pour les dates de concerts, on a deux ou trois dates qui se précisent, sur Strasbourg, Nancy et peut-être en Hollande. On espère également enregistrer notre prochain EP avant cet été pour pouvoir le sortir à la rentrée, sur vinyle. Concernant l’anecdote, on en a une bonne, à base de bagarre, de police et de rottweiler.

Pour écouter ce que ça donne en musique, c’est ici que ça se passe : page Bandcamp
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Article :

Laurent
Déborah

Crédit photos :

Joevin Van Boven
Yvan Schirmer

Déborah Pfleger
deborah.pfleger95@gmail.com
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