Live report I Ça déambule aux Décibulles

Tous les alsaciens vous le diront, le festival Décibulles c’est l’événement musical et estival le plus attendu chaque année.

C’est dans un décor bucolique que s’est déroulée la 24ème édition des Décibulles, les 14, 15 et 16 juillet derniers. Alors que l’esprit chaleureux des vacances d’été s’installe doucement dans les collines alsaciennes, la Vallée de Villé a vibré au son d’une programmation haute en couleurs. Au programme, des éclats de rire, des rencontres surprenantes, mais aussi 3 jours de rêveries mêlant concerts rock, électro, reggae, hip-hop, impromptus musicaux ou encore arts de rue. De quoi régaler les yeux et les oreilles des festivaliers réunis pour l’occasion. Histoire de faire encore un peu durer le plaisir et de faire remonter quelques souvenirs, direction le sac à dos d’une festivalière d’Hoko magazine pour un retour sur ce festival qui nous a coupé le souffle.

Un véritable road-trip musical

 

Après des semaines d’attentes, le jour J est enfin arrivé ! La voiture est remplie à ras bord, le soleil pointe le bout de son nez illuminant ainsi la vallée prête à être envahie par de drôles de personnages euphoriques.

Dès le vendredi, le rythme est donné. Alors que les derniers festivaliers arrivent doucement sur le site, on se laisse soudainement surprendre par des vibrations qui viennent briser le calme idyllique de la vallée. L’heure a sonné, le festival est lancé. Le groupe alsacien FREEZ ouvre la danse et débarque sur scène avec des beats et un flow vertigineux qui renversent la foule : ça c’est du hip-hop comme on l’aime. Vient ensuite le tour du tant attendu VALD qui a créé une communion certaine avec le public grâce à un rap se posant sur des murs de basses, mais surtout grâce à cette petite (grosse) touche de culot qui représente bien le rappeur. Après ces déferlantes, changement d’ambiance avec le projet éphémère UN AIR DEUX FAMILLE rassemblant les Ogres de Barback et les Hurlements d’Leo. Leur musique est toute aussi festive que communicative et on ne peut s’empêcher de sautiller et de tournicoter avec les personnes qui se trouvent à proximité. La bonne humeur est au rendez-vous et cela va encore s’accentuer avec l’arrivée du prochain artiste. Leader de la scène reggae française, NAÂMAN soulève les foules avec son énergie débordante et ses séances de jump. Et avec un coucher de soleil vertigineux en arrière plan : que demander de plus ! Alors que la pénombre s’installe doucement sur le festival, c’est au tour de WAX TAILOR de monter sur scène. En proposant un univers singulier mélangeant hip-hop, soul et trip-hop, le groupe a transporté le public dans un véritable voyage fait de rêveries où les voix se succèdent et s’associent à des ambiances rythmiques : un véritable moment d’alchimie musicale qui a fait vibrer le public. Mais ce n’est pas encore fini ! Pour clôturer cette première journée, vient le tour du très surprenant JACQUES. Grand manitou de la musique électronique, cet artiste a surpris le public avec son originalité : des poignées de portes, des ciseaux ou encore des balles de ping-pong en guise d’instruments, Jacques fait de ces petits bruits un grand tout et offre des véritables tubes électro. Si l’objectif était de faire danser le public, le défi est relevé avec brio.

Deuxième jour de festival et le public est toujours aussi enthousiaste. Le premier artiste à se lancer dans l’arène n’est autre que le groupe de rock KAMARAD qui a clairement électrisé les festivaliers avec un son mélangeant punk, garage et grunge. Renversant. Restons dans cette ambiance de riffs de guitares avec l’arrivée d’HANNI EL KHATIB qui a entrainé un public bouillonnant dans un univers sixties teinté de soul et de blues. Encore une fois renversant. Vient ensuite le tour de LAST TRAIN, des véritables bêtes de scène qui semblent être habitées par la ferveur de la jeunesse. Tous vêtus de noirs, ces quatre rockeurs ont proposé une prestation tout aussi renversante que les deux premières (jamais 2 sans 3). Merci le rock ! Après cet enchaînement de guitares lourdes, place à un moment très intimiste portée par les mélodies et la voix perçante et unique d’ASAF AVIDAN. Tout au long de sa prestation, le public a frissonné et une émotion certaine s’est alors emparée de la foule. Les bras se balancent doucement et les spectateurs fredonnent en cœur avec l’artiste … De la douceur et de l’émotion ? Ce n’était sans compter sur l’arrivée fracassante des BLOODY BETROOTS. C’est simple, à partir du moment où les gros sons de synthés et de guitares ont chatouillé les tympans, le public s’est transformé en une véritable marée humaine se laissant porter par cette musique ravageuse. Le groupe est tout aussi survolté que la foule : un grand moment. Après ce concert totalement épique, les festivaliers en demandent encore. C’est alors que débarque une figure emblématique de la scène dub française et internationale à savoir PANDA DUB. Ses beats percutants accompagnés de mélodies fraîches ont fait vibrer la terre, les gobelets, les festivaliers, les arbres … de quoi finir cette deuxième journée en beauté !

Dernier jour et pas des moindres, c’est sous de merveilleux rayons de soleil que se sont produits les artistes au programme de ce dimanche. Commençons d’abord par une mise en bouche plutôt jazz rock progressif avec la belle prestation des LEMMINGS SUICIDE MYTH. Intrigué par ce duo, le public a vogué entre mélodies à la fois calmes et tumultueuses. Virage à 360° ensuite avec l’arrivée rayonnante de JAHNERATION sur le devant de la scène. Au programme un mix entre reggae et hip-hop, beaucoup de jump et surtout une belle communion avec le public. Une autre bouffée de fraîcheur et de détente ensuite avec les loufoques NAIVE NEW BEATERS. Sur une musique pop rock, ces drôles de personnages aux combinaisons bleues ont fait chalouper le public qui est devenu accro à cette danse du bassin. C’est maintenant au tour des 9 copains de BOULEVARD DES AIRS de faire danser petits et grands avec des mélodies festives et joyeuses. Un beau moment de partage. Fin de cette belle ballade musicale, des platines sont installées sur scène, prêtes à être scratcher par les BIRDY NAM NAM pour un DJ set vibrant. Les enchaînements de basses aux allures parfois mélodieuses font lever les poings en l’air et les festivaliers dansent encore et encore. Arrive enfin le dernier artiste qui clôture de cette 24ème édition. Acclamé par le public le phénomène électro MØME s’avance et emmène la foule dans son univers solaire et aérien. Sa prestation live est impressionnante, l’artiste est multitâche. De quoi nous envoyer des étoiles dans les yeux pour terminer comme il se doit ces 3 jours de découvertes.

Impromptus musicaux et spectacles

 

En plus de cette belle programmation musicale, les Décibulles c’est aussi des rencontres totalement insolites, arts de rue et impromptus musicaux. Durant ce long week-end, artistes, musiciens et autres personnages loufoques se sont produits devant des curieux ébahis mais toujours avec le sourire aux lèvres. Côté rendez-vous artistique et comique, les festivaliers ont pu découvrir KALASH ET MOUMOUTE deux clowns tout terrain proposant un spectacle où la misère rencontre le sublime, JACKLINE COCAÏNE doctoresse en narcotiques sensibilisant avec humour aux dangers de la drogue, LES 3 PETITS COCHONS spectacle désossé et conte revisité avec une belle imagination, et enfin MADAME ROSE femme à barbe dure et son assistant Baltimore qui a fait participer le public avec envie. Côté rendez-vous plus que loufoque et inhabituel, retrouvons les deux nageurs de PLOUF & REPLOUF qui ont prouvé au public que la natation synchronisée (ou plutôt synclownisée) n’est pas qu’une affaire de femme. Côté musique, 8 artistes et groupes se sont produits pendant ces sessions : ROPOPOROSE, duo fraternel délivrant un bubble rock fait de bric et broc, HOLY CHIPS, trio infernal débridant hip-hop, rock et pop tout en générosité, HILGEGE revisitant avec brio le Gabber, grand mouvement musical du 20ème siècle. Suite de ces impromptus musicaux, retrouvons GRAUSS BOUTIQUE et leur déluge mélangeant rock et métal, IMPÉRIAL KIKIRISTAN jolie fanfare mêlant improvisation, comédie et surtout beaucoup de fête, BRAZILIERS rencontre entre Ropoporose et Piano Chat dont le projet délivre une musique pleine de soleil et de magie, ça fait danser et on aime ça ! Enfin pour terminer cette belle programmation, vient le tour de DAIKIRI duo de basse-batterie agrémenté d’une voix pour le moins stridente et PARTOUT PARTOUT un duo sauvage où les deux copains amateurs de rock ont fait danser la foule. Des rencontres, du partage, des découvertes, décidemment, qu’est ce qu’on est bien aux Décibulles !

Du chill et de la bonne bière

 

Alors que certains ne veulent pas quitter les premiers rangs et attendent avec impatience les artistes et prochaines prestations, d’autres vagabondent sur le site du festival ou sur le camping, partant à la découverte des stands habillant les Décibulles.

Pour les amateurs de bonnes bières, le rendez-vous était donné dans les 3 bars du festival : chez Lulu, chez Gilles et chez Régine. Avec une carte composée à 52% de produits alsaciens, les festivaliers ont pu déguster une multitude de bières parfois surprenantes comme par exemple la bière du sorcier aux orties. De la mousse, de la bonne humeur, des bénévoles drôles et tout sourire et même une demande en mariage, il s’en est passé des choses aux bars des Décibulles. Pour les plus affamés ou les petits gourmands, sandwichs, salades, tartes flambées, plats végétariens, crêpes, bretzels : de quoi faire des heureux et des heureuses !

Sur le camping qui accueille pas moins de 4000 festivaliers, la bonne humeur et la convivialité sont au rendez-vous. En bas de la colline, les esprits se rencontrent et les langues se délient autour d’un jeu, d’un morceau ou d’un petit verre au stand Chez Manon. Des moments de chill rythmés par diverses animations proposées par l’association Pelpass : les cours d’apérobic du déjanté VLADIMIR SPOUTNIK, SIR LORD CUMBIA et sa salsa caliente qui a fait se déhancher tout le camping mais également les compagnies LES GOULUS et le THÉÂTRE MAGNETIC. La fanfare l’IMPÉRIAL KIKIRISTAN a également déambulé le long des allées, pour le plus grand plaisir des campeurs réveillés en pleine sieste par une douce mélodie rythmique et plutôt agréable.

Qu’on se le dise, cette 24ème édition des Décibulles nous en a mis plein les yeux ! À guichet fermé le vendredi et le samedi, ce ne sont pas moins de 25 500 sourires venus de tout horizon qui ont rayonné dans la vallée pendant ces  jours uniques. De quoi réjouir tous les membres de l’association et les 700 bénévoles qui ont largement contribué au succès et à la bonne réussite de cette édition festive et humaine. Une chose est sûre, vivement 2018 !

Texte : Mariane E | Photographies : Julie Costet | Vidéo : Laurent Khrâm Longvixay

Mariane Erard
mariane.erard@gmail.com
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