Live report l Worakls Orchestra à la Laiterie

Le 25 avril dernier, c’est au côté de musiciens de l’Orchestre de Fourvière que l’artiste Worakls a investi les locaux de la Laiterie pour présenter au public strasbourgeois, son nouveau projet live (et surtout premier album) : Worakls Orchestra. Retour sur cet évènement qui m’a totalement fait vibrer !

Avec une tournée déjà bien remplie et une date Strasbourgeoise sold out depuis quelques mois déjà, autant dire que le projet Worakls Orchestra était bel et bien très attendu par le public Alsacien. Pour ma part, j’ai déjà eu l’occasion de voir Worakls plusieurs fois en concert, que ce soit en solo ou accompagné de ses deux compatriotes du label Hungry Music, Joachim Pastor et N’to. Néanmoins ce n’est pas sans une extrême curiosité que je me suis rendue à cette prestation. Difficile d’imaginer sur la même scène, un artiste de musique électronique et des musiciens d’orchestre aux influences plus classiques. Difficile mais pourtant …

J’entrais dans la grande salle de la Laiterie et tentais de me faufiler au milieu de la foule, qui semblait tout aussi impatiente que moi. La performance de l’artiste Olik en première partie avait déjà bien chauffé le public. Des spectateurs à la fois Français et Allemand, puisque quelques uns de nos amis germaniques avaient fait le déplacement pour l’occasion. Une foule qui fût totalement en ébullition dès lors que la salle fut plongée dans le noir cinq minutes après mon arrivée : des applaudissements, des cris d’excitation. Quelques secondes plus tard, un tableau musical apparaissait devant nos yeux, baignant dans une lumière bleue. Les premières notes féériques des violons retentissaient, les premières pointes de basse faisaient trembler le sol. Le show était lancé !

Au départ, la scène était quand même à moitié baignée dans la pénombre et il m’était difficile de bien distinguer tous les instruments qui composaient cet orchestre. Peu importe, la découverte se fît au fil des morceaux et des jeux de lumière. Ma seule crainte en me rendant à ce concert, c’était de voir un orchestre mis au second plan, ou inversement, un ensemble de musiciens qui prend trop le dessus sur l’artiste-compositeur. Autant se dire que je n’ai pas du tout été déçue. Chaque musicien occupait une place particulière dans l’ensemble du show et chaque groupe d’instruments devenait indispensable les uns aux autres et surtout indispensable pour magnifier la prestation. À chaque montée musicale, à chaque morceau, des instruments étaient mis en avant : les trompettistes rebondissaient et dansaient sur leurs chaises, les violonistes s’affrontaient musicalement au devant de la scène, le batteur enchainait le rythme dans un halo de lumière, les contrebasses marquaient chaque moment lourd mais majestueux des mélodies, une contrebasse électrique tentait de nous hypnotiser ! Et lorsque le tout jouait au même moment, j’étais comme émerveillée face à une telle force musicale. Sans oublier bien évidemment l’élément central, l’artiste-compositeur et ses rythmiques, ses montées mélodieuses, ses basses et ses solos de piano qui lui sont tellement propres. Le petit (grand) plus de ce concert, c’était tout simplement de voir Worakls prendre le micro et communiquer avec son public, car il n’est pas rare, dans le milieu de la musique électronique, de voir des artistes les yeux rivés sur leurs platines. Sur scène ils étaient plus d’une vingtaine, mais au final l’ensemble formait un tout harmonieux qui faisait follement danser la foule.

Le concert avançait et les mélodies de l’album Orchestra défilaient. Bien évidemment, à la grande joie du public, l’artiste n’avait pas oublié de performer, au côté de cet orchestre, les incontournables qui ont fait le succès de Worakls et de son label Hungry Music. Dès lors que les premières notes de Salzburg retentissaient dans la salle, je sentais une certaine explosion de joie de la part du public, comme un souvenir lointain qui refaisait surface. Un moment d’évasion qui faisait un grand bien aux oreilles, mais néanmoins, je sentais moins de force que dans les autres morceaux du projet Orchestra.

Au fil du concert, j’avais encore beaucoup de mal à comprendre ce qui été en train de m’arriver tant la puissance était présente dans cette salle. Bien évidemment, j’avais écouté l’album en amont histoire d’habituer mes oreilles à ce style si particulier. Un opus qui m’a bien évidemment séduite. Mais en live, le projet prend tout son sens et toute sa vie. Chaque morceau m’apportait son lot d’émotions : des frissons, de la joie, de la stupeur et de l’étonnement. Je me souviens des morceaux By the Brook, Entrudo ou Caprice qui m’ont particulièrement mis une claque tant les sonorités allaient crescendo et tant les variations de rythme et de sons étaient surprenantes.

Si je devais résumer Worakls Orchestra en quelques mots, ce serait avant tout de la puissance et beaucoup, beaucoup d’émotions. C’est des étoiles plein les oreilles que je quittais la salle, au bout de deux heures d’un voyage musical qu’il me tarde de revivre !

Un immense merci à Worakls, l’ensemble des musiciens de l’Orchestre, Tiphaine et toute l’équipe du label Hungry Music !

Texte : Mariane Erard 

Photographies : Laurent Khrâm Longvixay

No Comments

Post A Comment